Jardin Biskoul : c’est quoi exactement, et comment le projet est né (et où en Centre Bretagne) ?
“Biskoul”, en breton, signifie chenille.
On a choisi ce nom parce qu’il est à la fois joyeux, accessible… et profondément symbolique.
La chenille évoque la transformation : celle de l’apprenti·e jardinier·e qui apprend, expérimente, tâtonne… puis gagne en autonomie et en confiance.
Elle rappelle aussi que le vivant est complexe.
Certaines chenilles sont perçues comme nuisibles, d’autres comme auxiliaires.
Pourtant, elles jouent toutes un rôle dans l’écosystème et dans le cycle des plantes.
Cette ambivalence ouvre le dialogue : qu’est-ce qu’un jardin “au naturel” ?
Qu’est-ce qu’un équilibre ?
Comment jardiner en comprenant le vivant plutôt qu’en cherchant à tout contrôler ?
Le nom reflète aussi notre ancrage linguistique : nous proposons nos supports en français, en breton… et désormais en anglais.
Petite anecdote amusante : en anglais, Biskoul sonne presque comme “bis-school” — une école à nouveau, ou autrement.
Ce n’était pas prémédité, mais ça nous ressemble bien !
Jardin Biskoul promeut un jardinage “au naturel”, inspiré des principes de la permaculture : comprendre les écosystèmes pour mieux agir, favoriser l’autonomie alimentaire, transmettre des savoirs accessibles à tous.
Le projet porte aussi une forte dimension intergénérationnelle : créer des espaces où jardiniers expérimentés et débutants se rencontrent, échangent, s’entraident.
Le mouvement est né à Rostrenen, au cœur du Kreiz Breizh, un territoire rural particulièrement dynamique et riche en initiatives citoyennes.
Au départ, tout a commencé très simplement : des rencontres mensuelles appelées les “papotes potagères”.
On s’y retrouvait entre jardiniers et jardinières — des tout nouveaux comme des très expérimentés — pour partager questions, réussites, échecs, astuces et graines.
C’est de ces échanges concrets, ancrés dans le terrain, qu’est née l’idée de créer des outils pédagogiques simples, accessibles et adaptés aux réalités locales.

Les “cartes légumes” : quel est le principe, et à qui ça s’adresse (débutants, familles, potagers plus ambitieux…) ?
Les cartes légumes sont nées d’un constat très simple : beaucoup de personnes souhaitent cultiver leur potager… mais ne savent pas par où commencer.
Plutôt que de proposer un guide théorique supplémentaire, nous avons imaginé un outil simple, visuel et concret : des cartes pratiques, une par légume, faciles à manipuler et à organiser.
Chaque carte rassemble l’essentiel, pour passer rapidement de l’envie à l’action.
- les périodes pour semer, cultiver et récolter, avec un calendrier clair
- les principaux ravageurs et maladies
- des conseils naturels (détaillés dans le livret d’accompagnement) pour prévenir ou agir
- une astuce simple et originale, comme des idées d’associations favorables entre légumes
Le format permet de classer les cartes par mois, par saison ou par famille botanique.
Et surtout : de les poser sur une table pour organiser concrètement son potager.
Au-delà des fiches, nous proposons une véritable méthodologie en quatre étapes :
- découvrir les grandes familles et sélectionner ses légumes
- planifier dans le temps grâce au calendrier
- organiser l’espace à l’aide des jetons
- définir des zones de culture en anticipant les rotations
L’objectif est d’aider chacun·e à penser son potager de manière globale, progressive et cohérente.
Les cartes s’adressent :
- aux débutants qui veulent se lancer sans se sentir submergés par un manuel technique
- aux familles qui jardinent avec leurs enfants, à la campagne comme en ville
- aux jardiniers plus expérimentés qui cherchent un outil d’organisation pour tendre vers davantage d’autonomie alimentaire
- aux écoles, jardins partagés et animateur·rices nature, comme support pédagogique modulable
C’est un support évolutif : simple et rassurant pour commencer, mais suffisamment riche pour accompagner une pratique plus ambitieuse et durable.



Concrètement, comment on s’en sert pour planifier son potager ? (un exemple simple de cas d’usage serait parfait)
Concrètement, les cartes peuvent s’utiliser seul·e ou en groupe.
La méthode reste la même, et elle commence toujours par un temps de découverte.
On pose d’abord sur la table les 8 cartes “familles botaniques”, sans regarder leur contenu détaillé.
On observe simplement les illustrations et on lit les indices.
Puis on prend le paquet des 40 cartes légumes et on cherche à les répartir dans les différentes familles.
Cette première étape est volontairement ludique : elle permet de comprendre que les légumes ont des liens entre eux.
Ensuite vient le moment du choix personnel : parmi tous ces légumes, lesquels ai-je réellement envie de manger ?
On met de côté ceux qui nous attirent.
À partir de cette sélection, on affine grâce aux pictogrammes présents sur chaque carte :
- besoin éventuel d’une serre en climat doux
- profondeur nécessaire pour une culture en pot (utile en milieu urbain)
- niveau de difficulté
Par exemple, si je vis en ville avec un petit carré potager et que je débute :
- je ne garde que les légumes que j’aime
- je sélectionne ceux cultivables en pot de taille moyenne
- je privilégie ceux classés “facile”
On passe ainsi d’une envie générale à une sélection réaliste et adaptée à sa situation.
Une fois ce tri fait, on retourne les cartes et on remplit le calendrier vierge fourni :
- on reporte les périodes de semis
- on ajoute les périodes de plantation
- et on note les fenêtres de récolte
Le potager commence alors à prendre forme dans le temps.
Si on souhaite aller plus loin, on peut travailler l’organisation dans l’espace.
On dessine son potager à l’échelle sur une feuille, on trace les contours des planches ou des carrés, puis on découpe les jetons légumes pour les positionner sur le plan.
Cela permet de visualiser concrètement la place nécessaire pour chaque culture, d’anticiper les volumes et d’estimer le rendement selon la surface disponible.
Enfin, on aborde la question des rotations.
Chaque carte indique une zone A, B ou C.
L’idée est de regrouper les légumes :
- selon leurs besoins nutritifs (notamment leur gourmandise en azote)
- selon leur famille botanique
D’une année sur l’autre, on fait tourner ces zones pour préserver la fertilité du sol et limiter les maladies.
Et on concentre les apports en compost/fumier sur la ou les zones A (légumes gourmands en azote).
En résumé, les cartes accompagnent pas à pas : découvrir, choisir, planifier dans le temps, organiser dans l’espace, puis penser la rotation.
Elles transforment une idée un peu floue de “faire un potager” en un projet concret, adapté et cohérent.


Vous proposez aussi le jeu des “8 familles du potager” + des coloriages : pourquoi ce choix d’outils pour les enfants, et ce que vous observez sur le terrain ?
On s’est vite rendu compte que les enfants retiennent beaucoup mieux lorsqu’ils apprennent en jouant.
Le jeu des 8 familles du potager est né de cette envie : transmettre des connaissances sans passer par un discours scolaire, mais par le plaisir et l’interaction.
À travers le jeu, les enfants découvrent :
- les noms des légumes
- une notion essentielle au jardin : l’existence des familles botaniques
- l’idée que le potager est un ensemble vivant et organisé, pas une liste d’éléments isolés
Le jeu crée également du dialogue entre générations :
- les enfants questionnent
- les adultes expliquent
- chacun partage ses souvenirs ou ses expériences
Et surtout, il rend les légumes plus familiers et plus amusants.
Très concrètement, cela peut donner davantage envie d’y goûter ensuite.
On passe ainsi d’un potager “des parents” à un potager réellement partagé.
Les coloriages offrent une approche complémentaire, plus libre et créative.
Ils trouvent naturellement leur place en école, en animation ou à la maison.
Colorier un légume, c’est prendre le temps de l’observer, de mémoriser sa forme, son nom, parfois sa saison.
C’est une manière douce d’ancrer les apprentissages.
Le jeu des 8 familles est proposé en version bilingue (français/breton ou français/anglais),
et les coloriages sont disponibles dans les trois langues.
Cela permet d’associer découverte du vivant et éveil linguistique, toujours dans une dynamique ludique.
Sur le terrain, on observe que ces outils facilitent l’appropriation : les enfants deviennent curieux, posent des questions, reconnaissent les plantes et s’impliquent davantage.
Le jeu devient alors une porte d’entrée vers une compréhension plus large du vivant et du cycle des saisons.


Tout est en téléchargement libre : pourquoi ce choix, et quels retours avez-vous reçus (écoles, familles, jardins partagés, assos…) ?
Le choix du libre accès est cohérent avec nos valeurs : transmission ouverte, autonomie, accès pour tous.
On ne voulait pas que l’outil soit réservé à ceux qui peuvent acheter.
Les retours sont très positifs.
- écoles rurales
- familles en instruction à domicile
- jardins partagés
- associations de transition
- médiathèques
Beaucoup nous disent que c’est rassurant d’avoir un support simple, clair, local.
La version imprimée : qu’est-ce qu’elle apporte, où peut-on la commander, et à quoi sert le soutien à l’asso (actions/projets concrets) ?
La version imprimée apporte :
- un format solide et durable
- un support agréable à manipuler au jardin
- un objet prêt à l’emploi, sans impression maison
Elle peut être commandée via le site Internet de l’association.
Et tout achat / don permet concrètement :
- d’imprimer localement
- de développer de nouvelles cartes
- d’intervenir dans des écoles et événements
- de créer de nouveaux outils pédagogiques
C’est un cercle vertueux : le financement permet de maintenir le libre accès, tout en développant le projet.
Pour découvrir le projet ou en savoir plus : http://www.jardinbiskoul.bzh





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