On peut être Breton. Mais on est rarement seulement Breton.
On est aussi Cornouaillais, Léonard, Trégorrois ou Bigouden. Et puis Quimpérois, Brestois, Vannetais, habitant de Landéda, de Plonéour-Lanvern, de Plogonnec… ou d’un village dont personne ne connaît le nom à cinquante kilomètres de là.
Essaie d’expliquer à quelqu’un qui a grandi dans l’un de ces endroits que « bon, c’est un peu pareil que la commune d’à côté ».
Tu ne le diras pas deux fois. 😏
L’identité bretonne ne tient pas seulement à un drapeau, à une langue ou à quelques grands symboles. Elle est faite de centaines d’identités locales : des paysages familiers, des ports, des places de village, des fêtes, des recettes, des expressions… et quelques vieilles rivalités dont plus personne ne connaît vraiment l’origine, mais qu’on entretient quand même un peu, parce que c’est rigolo.
Après la Bretagne et ses Pays historiques, on descend donc d’un cran sur la carte pour parler de nos villes et de nos villages.
Une Bretagne, mais une multitude de territoires
Pour comprendre tout ça, il faut oublier un instant les quatre départements de la Bretagne administrative actuelle.
Historiquement, la Bretagne s’est organisée autour de territoires bien plus anciens : les neuf Pays historiques de Bretagne, c’est-à-dire le Léon, la Cornouaille, le Trégor, le Vannetais, et les Pays de Saint-Brieuc, Saint-Malo, Dol, Nantes et Rennes.
Ces territoires ont servi de cadre politique, religieux, économique et culturel pendant des siècles, et ils parlent encore aux Bretons aujourd’hui. C’est d’ailleurs pour ça que nous leur avons consacré toute une rubrique sur les Pays Bretons de Mangeons Local.
Mais même ce découpage reste trop large pour raconter toute la diversité de la Bretagne.
Prends la Cornouaille : à l’intérieur, on trouve le Pays Bigouden, le Cap Sizun, le Pays Glazik, le secteur de Douarnenez, celui de Quimper, la presqu’île de Crozon… chacun avec ses paysages, ses habitudes et son histoire.
Même chose dans le Léon, le Trégor ou le Vannetais.
Plus on zoome sur la carte, plus on remarque une chose : l’identité locale ne disparaît pas. Elle se précise.

Parce que oui, on peut être très attaché à sa commune
Sur le papier, une commune est une unité administrative.
Pas franchement de quoi écrire une chanson.
Dans la vraie vie, c’est souvent bien plus que ça.
La commune, c’est l’endroit où l’on est né, où l’on a grandi, où vivent encore nos parents ou nos grands-parents. C’est là où l’on revient le dimanche, où l’on connaît les routes sans regarder les panneaux et où certains paysages déclenchent immédiatement un : « Ah, là, on est chez nous. »
Et ça fonctionne aussi bien pour une grande ville que pour un bourg de quelques centaines d’habitants.
Un paysage que l’on reconnaît entre mille
Une identité locale commence souvent par des choses toutes simples.
Un clocher. Une place. Une plage. Une rivière. Un port. Quelques maisons en pierre. Une rue que l’on a empruntée des milliers de fois.
Le visiteur de passage n’y verra peut-être rien d’exceptionnel. Mais pour celui qui connaît les lieux, c’est un décor familier.
Il suffit parfois de quelques secondes pour reconnaître une photo prise dans sa commune.
Un territoire n’a pas besoin d’un monument mondialement connu pour avoir une identité.

Une histoire locale qui appartient un peu à tout le monde
Il y a ensuite les histoires.
Les grandes, bien sûr : une bataille, un personnage célèbre, un vieux port, une activité qui a marqué la région.
Mais aussi toutes les petites.
Pourquoi cette rue porte-t-elle ce nom ? Pourquoi le clocher ne ressemble-t-il pas à celui du village voisin ? Pourquoi cette fête revient-elle chaque année ? Pourquoi cette ancienne usine, ce moulin ou ce bâtiment comptent-ils encore pour les habitants ?
Ce patrimoine-là n’apparaît pas toujours dans les guides touristiques.
C’est pourtant lui qui transforme un simple point sur une carte en un lieu auquel on appartient.
Des habitudes, des expressions… et quelques rivalités
Et puis il y a tout ce qu’on ne remarque même plus quand on vit sur place.
Le marché du samedi matin, la fête annuelle, le club de foot, le bistrot où tout le monde finit par passer. Une spécialité locale, un surnom donné aux habitants, une expression qu’on croyait parfaitement normale avant de découvrir que personne ne l’utilise vingt kilomètres plus loin.
Sans oublier cette capacité bien de chez nous à considérer la commune voisine comme un territoire légèrement exotique.
On plaisante.
Enfin, presque. 😇

Partir loin… et continuer à dire « chez moi »
C’est sans doute là que l’attachement à une commune se voit le plus.
On peut partir, faire ses études ailleurs, travailler à Paris, Nantes, Lyon ou à l’autre bout du monde. Changer plusieurs fois de maison.
Et continuer malgré tout à dire « chez moi » en parlant de l’endroit où l’on a grandi.
Ce n’est pas propre à la Bretagne. Mais dans une région où les identités territoriales restent fortes, cet empilement des appartenances se voit particulièrement.
On peut vivre à Rennes et rester profondément attaché à son village du Finistère. Être Breton installé à l’étranger et suivre encore ce qui se passe dans sa commune. Ou avoir quitté Quimper depuis vingt ans et reconnaître au premier coup d’œil la cathédrale Saint-Corentin, les quais de l’Odet ou les maisons à pans de bois du centre-ville.
Une commune, finalement, ce n’est pas seulement l’endroit où l’on habite.
C’est souvent l’un des endroits avec lesquels on construit son identité.

Les petites communes aussi ont droit à leur carte postale !
Pourtant, quand il s’agit de représenter les territoires, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.
Cherche un souvenir de Saint-Malo, Quimper, Vannes, Rennes ou Carnac : affiches, cartes postales, magnets, mugs… tu trouveras sans difficulté.
Essaie maintenant avec Landéda, Édern, Plonéour-Lanvern, Ploubazlanec, Belz ou Langueux.
Là, ça se complique.
Comme si seules les grandes villes et les destinations touristiques les plus connues méritaient leur propre illustration.
C’est un peu paradoxal, parce que celui qui est fier de son village de 1 500 habitants n’y est pas moins attaché que le Rennais à Rennes ou le Brestois à Brest.
Parfois, c’est même tout le contraire.
Et si ton village avait lui aussi son affiche ?
C’est à partir de ce constat qu’Élisabeth et Arnaud ont créé Club Chauvin.
L’idée est simple, mais il fallait y penser : créer un univers graphique pour les villes et les villages de France, y compris ceux que les boutiques de souvenirs oublient habituellement.
Chaque commune dispose ainsi de sa propre illustration, inspirée de ses paysages, de son architecture ou de quelques-uns de ses éléments emblématiques.
Et les visuels ne restent pas uniquement sur une affiche : on les retrouve sur des mugs, des magnets, des cartes postales, des tote bags, des gourdes, des carnets, des puzzles ou encore des porte-clés.
De quoi assumer pleinement son petit côté chauvin. 😉
Autre particularité : leurs produits sont faits à la main dans leur atelier en Île-de-France.
C’est notamment le cas des tasses, qui passent directement entre leurs mains avant de rejoindre les différentes collections.
Forcément, quand on parle d’identité locale, la Bretagne offre un terrain de jeu idéal.
On retrouve déjà de nombreuses communes bretonnes sur le site, des grandes villes jusqu’aux plus petits bourgs.
Quimper a par exemple désormais droit à sa propre collection Club Chauvin, avec une illustration qui fait notamment la part belle à ses maisons à pans de bois et à sa cathédrale.
Mais ce qui nous plaît surtout dans la démarche, c’est de voir apparaître des communes comme Landéda, Plonéour-Lanvern, Belz ou Ploubazlanec.
Des endroits qui n’accueillent peut-être pas des millions de visiteurs chaque année, mais qui comptent énormément pour ceux qui y vivent, y ont grandi ou y passent leurs vacances depuis toujours.



Un souvenir, oui… mais pas seulement pour les touristes
Le mot « souvenir » est d’ailleurs presque trompeur.
On pense immédiatement à la carte postale achetée pendant les vacances, juste avant de reprendre la route.
Mais pourquoi faudrait-il être touriste pour avoir envie d’une affiche de sa propre ville ?
On peut aussi vouloir afficher chez soi la commune où l’on est né, le village de ses grands-parents, la ville où l’on a rencontré quelqu’un, l’endroit où l’on passe toutes ses vacances… ou simplement le coin de Bretagne que l’on considère comme le plus beau du monde.
Ce jugement a de fortes chances d’être parfaitement partial.
Mais c’est justement tout le principe. 😎
Une affiche locale n’est alors plus vraiment un simple souvenir touristique.
C’est un petit morceau de territoire que l’on décide de garder sous les yeux.
La Bretagne existe aussi à l’échelle du clocher
Quand on parle d’identité bretonne, on pense au Gwenn ha Du, à la langue bretonne, au gallo, à notre histoire commune, à notre gastronomie ou à quelques grands paysages emblématiques.
Tout ça en fait évidemment partie.
Mais la Bretagne n’est pas une identité uniforme.
Elle ressemble plutôt à des poupées russes : la Bretagne, puis les Pays historiques, puis les sous-pays et les terroirs, puis les communes, et parfois même le quartier, le village ou le hameau.
Toutes ces appartenances cohabitent très bien.
On peut être Breton et Cornouaillais. Cornouaillais et Bigouden. Bigouden et habitant de Plonéour-Lanvern.
Aucune n’annule la précédente.
Chacune raconte une partie différente de notre rapport au territoire.
Et c’est peut-être aussi ça, le local.
Pas seulement consommer ce qui est fabriqué près de chez soi, mais connaître les lieux, les paysages, les histoires et les gens qui nous entourent.
Savoir d’où l’on vient.
Et, de temps en temps, être un tout petit peu chauvin.
Après tout… si ta commune est vraiment la plus belle de Bretagne, ce serait dommage de ne pas le faire savoir. 😉
Et toi, quelle ville ou quel village breton portes-tu dans ton cœur ?





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