Le lambig, une eau-de-vie 100% bretonne

Le lambig, une eau-de-vie 100% bretonne

Le jus que l’on extrait des pommes n’est pas uniquement destiné à la fabrication de cidre. Les boissons alcoolisées fabriquées à base de ce fruit sont nombreuses, notamment dans l’ouest de la France.

Et si le calvados est bien connu, son homologue breton l’est beaucoup moins.

Pourtant le lambig est un produit du terroir de Bretagne qui vaut vraiment le détour.

Vous voulez savoir ce qu’est le lambig ? Suivez le guide !

Qu’est-ce que le lambig ?

Il existe dans l’ombre de l’emblématique chouchen un autre alcool typiquement breton, et tout aussi savoureux : le lambig.

Il s’agit d’une eau-de-vie de cidre de Bretagne obtenue par distillation.

D’ailleurs, son nom provient du mot « alambic » désignant l’appareil avec lequel on distille des produits, c’est-à-dire qu’on les sépare en les chauffant puis en les refroidissant.

La boisson est ensuite vieillie en fûts de chêne (local, bien entendu).

Le lambig est un alcool plutôt fort (40° environ). Son goût est cependant suave avec quelques notes fruitées. Logique pour un alcool à base de pommes, me direz-vous ! Mais vous serez ensuite surpris par son doux parfum boisé.

C’est à partir du lambig que l’on produit également le pommeau de Bretagne. Mais ça, c’est une autre histoire.

Lambig ou Lambic ?

Ne vous y trompez pas : le lambic n’a absolument rien à voir avec le lambig.

Pourtant on les confond souvent. Un peu comme les personnages Dupond et Dupont !

Ils sont cependant bien différents : le lambic avec un « C » est une bière belge !

À une lettre près vous vous retrouvez à l’étranger… et même si cette bière particulière mérite d’être goûtée, on trouve beaucoup plus facilement en Bretagne du lambig que du lambic (aussi connue sous les écritures lambiek ou lambik).

Quelles sont les origines du lambig ?

Il est bien difficile de connaitre précisément l’origine du lambig.

Cet alcool est assurément très vieux puisque l’on a retrouvé des traces de cidre et de distillation en Bretagne datant du 8è siècle. Existait-il avant ? Certainement, mais il n’y a pas de preuve sérieuse.

Traditionnellement, le lambig était produit par des personnes propriétaires d’un verger. Elles récoltaient elles-mêmes les fruits pour ensuite concocter leur alcool.

Plus tard la législation changea, et elles durent faire appel aux bouilleurs de cru pour s’occuper de la distillation. Ceux-ci étaient les seuls à être habilités à produire des eaux-de-vie.

Ce statut, qui remonte à l’époque napoléonienne, leur donnait un privilège : celui d’être exonéré des droits de distillation dans la limite de dix litres d’alcool pur (ce qui équivaut à 20 litres à 50°). Depuis, la législation a changé : ils sont exonérés à 50 % sur les dix premiers litres d’alcool pur et il n’est plus possible d’hériter de ce privilège.

Il n’y a aujourd’hui plus que 700 bouilleurs de cru environ encore en activité.

Mais le savoir-faire n’a pas disparu.

Une famille de Plomelin perpétue encore et toujours la tradition, et a fondé la Distillerie des Menhirs. C’est en 1921 que l’aventure de la famille Le Lay commence avec l’achat d’un alambic pour distiller le cidre.

Quelques années plus tard, il y avait en Finistère 7 bouilleurs ambulants, tous originaires du département faisant de celui-ci la capitale symbolique du lambig. Les générations se sont succédé et c’est en 1986 que Guy Le Lay fonde la distillerie. Son lambig est un digne représentant du terroir breton.

D’autres distilleries produisant cet alcool existent en Bretagne et chaque département a son lambig local développé depuis plus d’une centaine d’années.

Fine Bretagne et lambig AOC

Le lambig dispose d’une AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) qui garantit un produit d’exception.

L’alcool doit être produit dans l’une des communes des cinq départements bretons : Finistère, Côtes-d’Armor, Morbihan, Ille-et-Vilaine et Loire-Atlantique (on parle ici de la Bretagne historique).

Vieilli en fûts de chêne pendant au minimum deux ans, il est vendu sous le nom de « Fine Bretagne » ou tout simplement « Lambig AOC ».

Plusieurs mentions peuvent figurer sur les bouteilles en fonction de la durée de vieillissement du lambig. Aussi vous pourrez trouver notamment des eaux-de-vie « vieille réserve » ayant passé trois ans en fûts ou encore des alcools « hors d’âge » vieillis au moins six ans.

Chacun aura ses propres goûts et parfums, de quoi prévoir des séances de dégustation pour en profiter.

À consommer avec modération bien sûr !

Où acheter du (bon) lambig ?

Vous pouvez vous fournir directement chez les producteurs, sur les marchés ou dans les caves et épiceries fines.

Il est également possible d’acheter du lambig en ligne, chez Hénaff & Co par exemple, et de recevoir votre petit colis gourmand à la maison.

Le lambig, une eau-de-vie 100% bretonne

Comment déguster cette eau-de-vie bretonne ?

C’est la question que tout le monde se pose, et qui peut en freiner plus d’un à en acheter.

Le lambig est généralement servi en tant que digestif après le repas. Il est cependant de plus en plus présenté dès l’apéritif : avec des glaçons ou une liqueur de fruits.

Et pourquoi ne pas utiliser le lambig en cuisine ?

Rien de telle qu’une crêpe de froment flambée avec cette eau-de-vie par exemple.

Mais vous pouvez être plus original, car cet alcool se marie très bien avec les viandes et les produits de la mer : dinde rôtie ou poêlée de noix de Saint-Jacques au lambig, terrine avec une petite touche d’eau-de-vie bretonne, voilà de quoi vous régaler !

Cet alcool est même parfois utilisé en pâtisserie. En effet, le baba au rhum a sa variante bretonne : le baba à la fine Bretagne.

Et les caramels au beurre salé aromatisés au lambig, vous connaissez ?

En apéritif, en digestif ou bien en cuisine, nul doute que le lambig saura vous séduire. Grâce à lui vous partirez à la découverte d’une Bretagne plus discrète et savoureuse, celle loin des clichés et tout en authenticité.

À propos de Steven

En 2015, j'ai recherché un annuaire de producteurs locaux afin de changer mes habitudes de consommation. Malheureusement, impossible de trouver ce que je recherchais ! J'ai donc décidé de le créer moi même, en respectant une éthique personnelle d'ouverture à tous et de gratuité totale.